Edouard Choffat
Né en 1984 à Porrentruy. Il étudie la géographie et les lettres à Lausanne, Neuchâtel et Kyoto. En 2008, il accomplit durant une année son service civil à Madagascar, puis séjourne à Berlin et Brighton. Après une carrière dans l’urbanisme, il se consacre désormais à l’enseignement et à l’écriture. Lauréat du prix Studer/Ganz 2011, il publie plusieurs textes poétiques ou en prose dans différentes revues littéraires de Suisse. Son premier récit, Le Caméléon, paraît en 2017 aux Éditions de la Société Jurassienne d’Émulation.
Edouard Choffat a eu 17 ans en 2001.
livre(s) sélectionné(s)
Revenir en forêt
éd. de l’Aire
L’AVIS DU COMITE DE LECTURE
« Le chemin me rapproche de la bordure d’un bois. Mais ce n’est pas ma forêt. »
Revenir dans un lieu, est-ce encore y appartenir ?
Entre une ancienne cabane, une naissance, un lac, des gestes, des rives, des phrases échangées et quelques lettres, Revenir en forêt déroule une réflexion sur le rapport entre la construction de soi et le poids des souvenirs. Le narrateur, père de famille, aborde une période de bouleversements personnels à travers la transmission. Il tente de comprendre ce qui reste après les départs, parfois les siens, parfois ceux des autres, et ce qu’il léguera à ses enfants. Le récit progresse au rythme de ses questions, et avance par retours, par hésitations, laissant émerger ses doutes, autant que des phrases solides, ancrées, comme des aphorismes.
La langue précise et sensible d’Edouard Choffat donne toute l’ampleur à la démarche du narrateur. La forêt est restée là, à peine marquée par le temps qui passe. Le narrateur, lui, n’est pas certain de s’y reconnaître. Il aimerait que la forêt soit ce refuge immédiat qu’il connaissait, enfant ; il aimerait qu’elle redevienne sa cabane, sa maison.
La forêt est un lieu de recherche autant que de mémoire. À mesure que le texte se dévoile, elle ressemble à une succession de lisières ; elle nous tient à distance des réponses, du centre. Couche par couche, les fragments dévoilent une hétérogénéité, d’abord celle de la crise, puis celle des strates végétales et de l’enracinement.
La forêt, c’est le point de départ ou de fuite.
La forêt, c’est la cadence d’une marche sur sol tendre.
La forêt, c’est la recherche d’une maison.
La forêt, c’est l’effort d’être soi.
« La forêt, c’est la sueur. »
Claudia Souto Cuello, mai 2026
les inédits
Mes dix-sept ans
Mes dix-sept ans, je les ai eus en 2001. J’étudiais au Lycée cantonal de Porrentruy, options italien et géographie. C’était l’année des Attentats du 11 septembre, de la guerre en Afghanistan, de la crise économique en Argentine, de la légalisation du mariage pour tous aux Pays-Bas, c’étaient les débuts de Wikipédia, la sortie de Windows XP, le premier Ipod d’Apple, le premier volet du Seigneur des anneaux, Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain. Placebo, Ben Harper, Manu Chao, Vanessa Paradis et Henri Salvador s’étaient produits au Paléo festival. A cette époque je jouais au foot et grattais des chansons françaises sur la guitare sèche de mon père. (...) cliquez pour lire la suite.